12 févr. 2010

Desaparecido

Aujourd'hui j'ai officiellement franchi le cap des 4 semaines ! Je pense qu'il est temps de faire un petit point sur ce voyage. Je sais qu'il est encore tôt pour prendre du recul sur ce que ça m'apporte, mais je suis content que le changement que je suis venu chercher , celui-là même qui m'a poussé à partir, continue de se produire. Doucement, mais tant que je continue à changer, mon voyage n'est pas dénué de sens.

Avoir rencontré de nouvelles personnes, pour la plupart beaucoup plus mûres que moi (et d'une manière générale avec des expériences très disparates) me permet de trouver de nouvelles façons de voir les choses. Ne dit-on pas que de deux personnes on obtient trois avis ? Cet état d'esprit, même à Montpellier, je l'avais, mais chaque nouvelle rencontre permet d'affiner sa vision des choses. Il ne fait aucun doute que cette expérience est une réussite sur le plan relationnel. Ne plus être en compagnie de relations "acquises", se remettre en question (en quoi suis-je appréciable ? quelles sont mes mauvaises manies relationnelles ? quels sont mes points faibles ?), surtout sans se forcer, permet de mieux se comprendre.

Je ne suis pas un constructeur, un meneur, mais un observateur, un suiveur. J'ai longtemps essayé de me faire apprécier, de me faire reconnaître ; récupérant ainsi quelques mauvaises habitudes… Mais aller contre sa nature est une façon très rapide pour ne pas être apprécié. Et ce voyage m'aide beaucoup à comprendre qui je suis. Ma première semaine, je l'ai passée à prendre des décisions, m'interroger sur ce que je voulais faire, voir. Ensuite, une fois l'excitation retombée, je me suis bien rendu compte que j'étais de nouveau capable de décider ce que je souhaite, et que pour le moment, c'est passer du temps avec des amis et continuer à changer…

En assez peu de temps (4 semaines, ça fait peu de temps), j'ai réussi à mieux identifier certains blocages, ce qui est le début d'un chemin : identifier un phénomène permet de comprendre ses origines. Ensuite, et seulement une fois que l'on a défini les origines d'un problème il est possible de le rectifier. Tout ceci étant, entre autre, possible grâce à la distance, qui mène au détachement. Ce que je ne percevais que très faiblement lors de mon départ, je le comprends mieux aujourd'hui: chaque œil a pour rôle de mettre en relief ce que vois l'autre. Un second point de vue permet de mettre en relief beaucoup de choses. Et ce dont on se rend compte dans ces cas-là permet de mûrir. Sur ce point, je pense que le film "Dead Poets Society" fût mon inspiration. Plus particulièrement la scène où M. Keating se tiens debout sur son bureau:
"[Keating stands on his desk]
John Keating: Why do I stand up here? Anybody?
Dalton: To feel taller!
John Keating: No!
[Dings a bell with his foot]
John Keating: Thank you for playing Mr. Dalton. I stand upon my desk to remind myself that we must constantly look at things in a different way."
Ou en français: "Je suis debout sur mon bureau pour me rappeler que nous devons constamment regarder les choses d'une façon différente."

Je reconnais volontiers que j'ai encore beaucoup de progrès à faire, mais me rendre compte du chemin déjà parcouru est encourageant ; même si je ne vois pas le chemin qui s'étend devant moi, tant que j'avance je suis sûr d'arriver quelque part… C'est déjà pas mal !

2 commentaires:

  1. Périlleux les commentaires suite a un tel billet ;o)

    D’après l’excellent film que tu as cité, (vers les 49min)

    "Oh, I live to be the ruler of life, not a slave.''
    (Ô, être maître de la vie, pas un esclave)

    Enjoy

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