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15 mai 2010

Pfiou…

Alors comme je veux être franc avec vous, cet article n'est pas passé loin de ne pas exister. Je voulais l'écrire hier en rentrant du boulot, mais Auxane passant voir le salon de coiffure, juste avant que je termine s'est retrouvée invitée à manger. Résultat, même si l'on a mangé tôt, je me suis couché à minuit et demi. Mais pourquoi donc ? Après avoir discuter un brin, on s'est pris d'affection pour un bouchon en liège qui est devenu noir… va savoir comment. Pour sauver ce pauvre petit, on a décider de lui enlever ce noir… sur nous. Résultat des courses, outre quelques photos qui ne seront pas publiés, une soirée des plus agréables !

Et quoi de mieux pour terminer une journée comportant une si bonne nouvelle : j'ai été augmenté ! Oui, sans même avoir demandé d'augmentation, ma supérieure a décidé que je méritais une augmentation. Après quelques pourparlers, je me vois donc travailler pour 729 yens par heure ! A la place de 700 yens, je gagne, en une semaine, 400 yens ! De quoi payer mon loyer et faire quelque économies ! Je pense même que je vais arrêter de chercher un temps plein…

En attendant, attention au singe !


3 mars 2010

De l'intégration de l'individualisme au Japon

S'il est une remarque à faire sur le comportement des japonais, je dirais qu'elle se manifeste le plus fréquemment de deux façons. La première (à se demander s'ils n'en ont pas fait un art, par ailleurs) consiste à ignorer ce qui est différent. Il est maintenant connu que chaque personne possède sa sphère, son territoire, dans lequel il accepte au non de laisser entrer des personnes. Plus la personne est proche de nous, plus on la laisse s'approcher. Et je parle aussi bien au niveau physique que psychologique. En Europe, par exemple, la poignée de main permet un premier échange et l'entrée dans la sphère de l'individu. Dans la sphère familiale, il est courant de se faire la bise, signe d'une entrée plus profonde dans sa propre sphère.
Au Japon, les contacts physiques sont beaucoup moins répandus. Même s'il existe plusieurs raisons (dont les problèmes d'hygiène, par exemple), il est évident que "l'autre" vit sa propre vie et que le japonais ne dois pas interagir avec lui, au risque de pénétrer sa sphère personnelle. Mais ce que l'on prend dans un premier temps pour du respect, cette volonté de ni sortir de sa propre bulle, ni pénétrer celle d'un inconnu prends racine beaucoup plus profondément que ça.

Ignorer ce qui est différent. Et ce qui est différent englobe ce qui est inconnu de nous. C'est sans doute la raison pour laquelle la recherche d'intégration est si forte au Japon. Même si j'y reviendrais plus tard, le meilleur exemple est celui des jeunes, qui cherchent à cultiver leur individualisme. Le fait est qu'après le lycée, ils rentrent dans le carcan imposé par la société actuelle. Un autre point important est l'éducation reçue : jamais au grand jamais, un japonais sera poussé à penser par lui-même ! Car cela amène à des avis différents. Et un avis différent implique de ne pas être d'accord avec quelqu'un d'autre… De fait, l'individu ne peut plus être intégré dans cette communauté. Et comme je l'ai expliqué, l'intégration est importante, car si l'on est étranger, différent, on n'existe plus pour personne. Je sais que je simplifie énormément, mais pourtant c'est une part de la réalité nippone.

Pourtant, depuis l'après-guerre et la grande crise de l'économie japonais quelques années auparavant, les mentalités évoluent. il est fort probable, par ailleurs, que la domination militaire américaine de l'après-guerre en soit l'origine. Le fait est que depuis quelques années, les jeunes cherchent  à s'émanciper du carcan qui leur est imposé par la société et la recherche d'intégration.
C'est la raison pour laquelle ils recherchent, entre autres, des styles vestimentaires si sophistiqués. Chaque détail, chaque accessoire leur permet un individualisme d'autant plus poussé. Par ailleurs, il est bien connu qu'au Japon, le trop n'est pas l'ennemi du bien, mais plutôt son complément. On remerciera le surplus publicitaire poussant les japonais au surplus de consommation: toujours plus ! De fait, le jeune japonais (les plus anciens étant soit trop intégrés, trop conformes à la norme pour être capables de vouloir un individualisme poussé) cherche à s'identifier tout en s'intégrant au maximum dans une société qui ignore tout individualisme. Cette dichotomie est, à mon sens, ce que la société japonaise doit apprendre à surmonter.

Bien que ne connaissant pas vraiment le sujet, je pense que la comparaison avec mai 1968 est pertinente. Seulement, si je dois continuer la comparaison, autant dire que, d'une part, les japonais seraient environ en mai 1908 (comprendre qu'il y a du chemin à faire), et d'autre part, que si les graines sont plantés, le terreau n'est pas assez fertile pour permettre une pousse rapide. Toutefois, j'imagine mal un mai 68 au Japon. C'est la raison pour laquelle je trouve ce sujet aussi intéressant : comment peut évoluer cette situation ?
Il est possible que la situation n'évolue plus. Car si les jeunes d'aujourd'hui seront les patrons de demain, rien ne permet d'imaginer qu'ils changeront les règles. Car cela impliquerait que leur entreprise soit différente, donc possiblement non intégrée à la société.
L'idée la plus pertinente serait une recherche d'individualisme de plus en plus poussée, menant à des extrêmes que je suis incapable d'imaginer.
Enfin, une dernière solution serait que la dichotomie énoncée ci-dessus, s'étende à la société nippone. On obtiendrait alors l'équivalent de deux sociétés: une conforme à la tradition, l'autre prônant l'individualisme poussé. Ceci implique un gouffre au sein même de la société japonaise, et la façon de le résoudre serait un excellent sujet d'étude. Car j'imagine mal les japonais faire une révolution…